Je travaille dans le secteur du travail domestique depuis environ vingt ans. Dieu merci, j’ai passé de longues années dans ce domaine, travaillant dans les maisons afin de subvenir aux besoins de ma famille et d’élever mes enfants. Auparavant, il n’y avait ni assurance, ni droits clairement définis, ni véritable protection pour les travailleuses domestiques. Nous travaillions uniquement pour gagner notre pain quotidien, sans aucune garantie ni stabilité.
Quelle est aujourd’hui la chose la plus importante pour vous après vingt années de travail ?
La chose la plus importante pour moi est que ce secteur s’améliore, et que les travailleuses domestiques obtiennent enfin de vrais droits, de la protection et du respect. Car nous souffrons encore de l’absence de droits et d’un manque réel d’amélioration des conditions de travail.
Parliez-vous avec les employeurs des droits ou de la sécurité sociale ?
Parfois, j’en parlais avec eux, mais beaucoup avaient peur dès qu’ils entendaient les mots “déclaration” ou “sécurité sociale”. Ils pensaient que cela allait leur apporter des problèmes ou des coûts supplémentaires, alors ils refusaient d’en discuter.
Nous travaillons sérieusement et accomplissons notre travail avec soin et respect, mais malgré cela, tout le monde ne reconnaît pas la valeur de ce travail ni les efforts que nous fournissons.
Connaissiez-vous la loi 19-12 dès le début ?
Non, nous avons découvert cette loi récemment grâce à vous et le projet “Karamati” qui a commencé à nous expliquer nos droits et à nous sensibiliser à cette question.
Cette loi a-t-elle changé quelque chose dans votre vie ?
Au moins, elle nous a permis de savoir que nous avons des droits et qu’il existe une loi qui parle des travailleuses domestiques. Mais dans la réalité, son application reste très faible.
Dieu merci, grâce à ce travail, j’ai pu élever mes enfants. Ils ont grandi, trouvé du travail et chacun mène aujourd’hui sa propre vie. Tout ce que j’ai construit dans ma vie vient de ce travail dans les maisons.
Pensez-vous que le regard des gens sur les travailleuses domestiques comporte une forme de mépris ?
Oui, certaines personnes vous respectent, tandis que d’autres vous regardent avec mépris ou vous considèrent comme inférieure. Mais l’essentiel pour moi est de me respecter moi-même et de préserver ma dignité dans mon travail.
Pourquoi, selon vous, la loi 19-12 n’est-elle pas appliquée ?
La loi existe, mais elle n’est pas appliquée comme elle le devrait. Nous ne voyons pas d’impact réel dans notre vie quotidienne.
Qui est responsable de cela ?
Il devrait y avoir une intervention des responsables et des autorités concernées afin que cette loi soit réellement appliquée, et qu’elle ne reste pas seulement écrite sur le papier.
À travers votre longue expérience, comment voyez-vous la situation des travailleuses domestiques aujourd’hui ?
Chaque femme a ses propres conditions et ses propres souffrances, et chacune essaie d’affronter la vie à sa manière. Mais ce que nous avons toutes en commun, c’est que nous travaillons dur et portons beaucoup de responsabilités et de fatigue pour nos familles et nos enfants.
