Kawtar

Témoignages Karamati

Je travaille dans le domaine du jardinage et j’ai vingt-et-un ans. J’ai étudié dans une école d’horticulture pendant trois ans, et cette année était ma dernière année avant l’obtention de mon diplôme.

Est-ce que le choix de la spécialité en horticulture était un choix personnel ?

Oui, c’était un choix personnel. Au début, je ne savais pas exactement quel était mon objectif principal, mais lorsque l’opportunité s’est présentée, je me suis dit : pourquoi ne pas essayer ce domaine et découvrir le métier du jardinage ?

Le jardinage est souvent considéré comme un domaine lié au travail domestique ou dominé par les hommes. Comment vous sentez-vous en tant que jeune femme de vingt-et-un ans travaillant dans ce secteur ? Et avez-vous le sentiment de travailler avec dignité et fierté ?

Au contraire, je suis très fière de ce que je fais. Je n’ai jamais senti que le fait d’être une femme m’empêchait de travailler dans ce domaine. Bien au contraire, je me sens respectée parce que je travaille et que je compte sur moi-même. Cela me donne beaucoup de force et de confiance en moi.

Existe-t-il des opportunités de travail dans ce domaine ?

Oui, il existe des opportunités, mais cela demande de la volonté et du courage pour réussir à s’imposer et continuer dans ce métier.

Et comment sont vos relations avec les employeurs ou les personnes avec qui vous travaillez ?

Pour moi, le plus important est le respect mutuel. Lorsqu’une personne travaille sérieusement et avec respect, elle finit par gagner le respect des autres. C’est ainsi que je choisis toujours de travailler.

Et que pensez-vous du regard des gens sur une jeune femme qui travaille dans le jardinage ?

Honnêtement, je ne prête pas beaucoup d’attention au regard des gens. Le plus important pour moi est de me sentir bien dans ce que je fais et d’aimer mon travail. C’est cela l’essentiel.

Vous faites partie des participantes au projet « Karamati ». Qu’est-ce que ce projet a changé dans votre vie ? Et qu’est-ce qu’il vous a apporté ?

J’ai beaucoup appris grâce à ce projet. Il m’a permis de croire davantage en ma capacité à créer mon propre projet et à travailler de manière indépendante, sans rester dépendante du regard ou du jugement des employeurs. Il m’a aussi aidée à développer mon parcours professionnel et à gagner davantage de confiance en moi.

Connaissez-vous la loi 19-12 qui protège les droits des travailleuses et travailleurs domestiques ?

Honnêtement, je ne connaissais pas cette loi auparavant. Mais j’ai compris ensuite qu’il s’agit d’une loi importante, parce qu’elle encadre les horaires de travail, protège les droits des travailleuses et travailleurs domestiques, et garantit le respect du temps de travail, des salaires et de la protection sociale.

À travers mes expériences professionnelles, j’ai découvert qu’il existe des lieux où les droits des travailleurs sont respectés et valorisés, tandis que dans d’autres endroits ces droits restent insuffisamment garantis.

Accepteriez-vous que les droits ne soient pas garantis ?

Non, jamais. Nous ne pouvons pas accepter que les droits soient absents ou flous.

Qu’attendez-vous de cette loi ?

J’espère que cette loi sera appliquée dans tous les domaines et métiers, que les contrats et les documents légaux deviendront obligatoires, et que chaque travailleur bénéficiera d’un salaire digne, au moins équivalent au salaire minimum. Car le respect de la personne commence par le respect de son travail et de ses droits.

Pensez-vous que l’application de cette loi pourrait réduire le travail informel et le désordre dans ce secteur ?

Oui, absolument.

Et quel message aimeriez-vous adresser pour finir ?

Je voudrais dire que les femmes, tout comme les hommes, sont capables de réussir dans tous les métiers qu’elles aiment. Il n’existe pas de métier réservé uniquement aux hommes ou uniquement aux femmes. L’essentiel est d’aimer ce que l’on fait et de travailler avec sérieux et détermination.