Je travaille depuis de longues années dans le travail domestique. Autrefois, nous travaillions énormément sans avoir de droits clairs ni de véritable protection. Nous nous demandions toujours : pourquoi n’avons-nous pas accès à nos droits ? Pourquoi n’étions-nous pas déclarées ni affiliées à la sécurité sociale comme les autres travailleurs ?
Nous travaillions de très longues heures, parfois jusqu’à douze heures par jour, sans aucune garantie ni protection sociale. Beaucoup de fatigue et de travail continu, mais sans véritable reconnaissance des droits des travailleuses domestiques.
Aujourd’hui, nous sommes environ quarante-huit femmes à travailler dans le secteur du travail domestique. Avec nos employeurs, nous essayons d’organiser le travail et de déclarer les travailleuses afin qu’elles puissent bénéficier de leurs droits. Parfois, une femme ne travaille que seize jours par mois, mais malgré cela, nous essayons de trouver une solution légale qui lui permette de bénéficier de la déclaration et de la sécurité sociale.
La loi 19-12 existe au Maroc, et nous avons nous aussi le droit, en tant que travailleuses domestiques, d’en bénéficier comme tout le monde. Nous avons le droit d’avoir des documents légaux et des droits clairs qui nous protègent et préservent notre dignité.
Mais la réalité reste difficile, car beaucoup de travailleuses arrivent dans ce métier sans connaître la loi ni leurs droits, et elles ne trouvent personne pour leur expliquer ces questions ou les accompagner.
Nous ne demandons qu’une chose : la dignité, la reconnaissance de notre travail, et l’application réelle des lois mises en place pour nous protéger. Car nous sommes aussi des femmes qui travaillent dur, qui soutiennent leurs familles, élèvent leurs enfants et contribuent à la société.
