+32 (0)10 24 80 69

Mettre en lumière des savoir-faire métis pour construire des ponts entre l’ici et le là-bas
Echos news

Mettre en lumière des savoir-faire métis pour construire des ponts entre l’ici et le là-bas

Le 16 mars dernier, j’ai le plaisir d’intervenir à nouveau aux côtés de Pascale Jamoulle. Cette fois-ci dans le cadre de son cours  « Anthropologie de la précarité et de l’exil » qu’elle donne à l’UCL.

A partir du film, « Je suis d’ici et d’ailleurs. Une histoire à plusieurs voix entre Bruxelles et Oujda », nous travaillons pendant 2h avec les étudiants pour interpréter le film et identifier des pistes à partir desquelles ils peuvent nourrir leur propre travail d’enquête.

La question centrale de notre intervention porte sur la manière dont on peut amener des personnes à se raconter dans leur dignité, à se tenir debout, à éveiller leurs forces plutôt qu’à s’installer dans leurs manques. Et pour cela, nous mettons au cœur de nos échanges la pratique du Kasàlà. Hérité de son Afrique natale, Jean Ngo Semzara Kabuta a développé un véritable savoir-faire métis en apportant le Kasàlà en Belgique, au Canada et ailleurs.

Pascale Jamoulle dans son livre « Par-delà les silences » définit ce type de savoir-faire en ces mots : « Pour aller de l’avant et traverser certaines difficultés, les métis culturels acquièrent lentement des savoir-faire : des facultés de traduction et d’intermédiation entre les lieux, les langues, les logiques en présence. Leurs pensées deviennent dialogiques, nuancées : ils apprennent à croiser les points de vue sans les mélanger, à distinguer les positions sans les séparer, à entrelacer les logiques sans les confondre. Les savoir-faire métis produisent des « arrangements » entre les cultures, des arts de faire et de parler, des formes d’intercessions qui désamorcent les antagonismes culturels. Formuler et reconnaître ces savoir-faire, les mettre en lumière, les sortir du silence paraît essentiel en prévention ».

Je ressors de cette rencontre avec l’envie de mettre en lumière ces savoir-faire métis qui créent des ponts entre ici et là-bas et qui montrent des contributions de personnes issues de la migration à leur société d’accueil.

WIVINE HYNDERICK