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Les temps forts de l’ONG. L’importance du cadre
Les temps forts de l’ONG

L’importance du cadre

Echos Communication expérimente beaucoup son travail sur les cadres car cela fait partie de la théorie du changement de l’association (voir mon dernier article traitant de la manière dont Echos Communication définit sa théorie du changement). Certains cadres font partie de l’architecture invisible dans laquelle des femmes et des hommes vivent au quotidien, sans même prendre conscience à quel point ce cadre invisible influence leurs comportements. Voici deux illustrations.

  • Si vous disposez les chaises face à une table où se retrouverait un panel d’experts, vous brosserez un contexte dans lequel les questions seront favorisées dans un sens : de l’assistance vers le panel. Il n’y aura probablement pas beaucoup de débat au sein même de l’audience. En effet, la disposition de l’espace octroie, dans l’esprit de l’assistance, une place privilégiée aux personnes du panel : les regards sont dirigés vers les experts assis à table, tandis que les autres intervenants, issus du public, seront considérés comme des éléments secondaires. Ceci ne serait pas le cas si vous supprimiez la table et si vous disposiez les chaises en cercle : tous les intervenants se retrouveraient alors sur un pied d’égalité, pourraient alimenter la discussion, permettant ainsi au débat d’avoir lieu.
  • La monnaie (l’euro ou le dollar, par exemple) est conçue pour ne valoriser que ce qui est commercialisable et donc rare. C’est pourquoi, quand nous avons des rêves d’achat, nous devons d’abord trouver un moyen d’accumuler cet argent rare avant de pouvoir le dépenser. Si nous n’avons pas l’argent, nous ne pouvons pas dépenser. Et ceci influence complètement nos comportements : toute action de solidarité qui ne rapporte pas directement de l’argent sera mise en balance avec une autre action qui pourrait être plus lucrative. Nous calculons. Imaginons, par contre, une monnaie qui valorise autre chose que le travail traditionnel : une monnaie qui soit créée à chaque fois que nous effectuons des actes solidaires. Nos comportements collectifs seraient influencés et nos choix modifiés.
    Le premier exemple est particulièrement utile pour installer des dynamiques de groupe. Le deuxième exemple est une piste que nous souhaitons creuser prochainement : comment agir sur une monnaie – une architecture invisible – pour qu’elle serve non plus à attiser la compétition mais au contraire à stimuler la collaboration, l’entraide et le lien social ? Il s’agirait alors d’une monnaie complémentaire. Jean-Luc Roux, expert en la matière, est venu présenter les mécanismes à l’ensemble de l’équipe, avec conviction. Le défi était de taille : aborder le thème de la monnaie est difficile car nous fonctionnons selon une croyance et que nous pensons donc qu’en dehors de ce système, c’est la galère. Alors qu’en réalité, c’est le système lui-même qui est la galère. Jean-Luc Roux nous a donné des éclairages ainsi que des pistes pour aller plus loin.

Visionnez la conférence :

Nous sommes actuellement à la recherche de communes tant en Belgique qu’au Maroc qui seraient prêtes à tenter l’expérience de la monnaie complémentaire. Nous vous tiendrons au courant.

Miguel de Clerck

Directeur d’Echos Communication