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Comment changer les systèmes ?
Echos news

Comment changer les systèmes ?

Echos news. Comment changer les systèmes ?

À travers ses activités, ses succès et aussi quelques goûts de trop peu, Echos Communication fait évoluer sa « théorie du changement ». C’est un grand mot pour dire que nous cherchons la stratégie qui sera la plus efficace tout en répondant à la spécificité de notre mission. Plus spécifiquement : Comment promouvoir le développement des populations auprès desquelles nous agissons en intervenant exclusivement sur le comportement humain ?

Historiquement, l’ONG est partie de la personne : en ciblant quelques individus, les leaders (femmes et hommes), l’ONG misait sur leur capacité à influencer leur propre contexte. D’une part, parce qu’ils en connaissaient parfaitement le codes et les rouages – et donc les leviers d’actions du changement — et d’autre part parce que ces femmes et ces hommes avaient une vision sur ce à quoi ressemblait un avenir meilleur pour leur communauté. De cette phase, Echos Communication a gardé une aptitude à identifier les leaders des communautés.

Cette approche a connu ses premiers ratés lorsque certains individus sont apparus comme dysfonctionnant, non pas parce que leurs forces initiales avaient changé mais bien parce que sans contre-pouvoir, le pouvoir use. C’est là qu’Echos Communication a commencé à s’intéresser aux cadres, aux systèmes à l’intérieur desquels les sociétés évoluent. Mais comme le dit l’analyse de contexte faites par l’ONG : « Pour la collectivité, l’importance réside dans sa capacité à définir ses propres règles et lois et de s’y tenir. Plutôt que de ruser, de s’adapter, de manœuvrer par rapport à des règles imposées par l’extérieur. » En d’autres termes, le processus bottom-up nous semblait le plus légitime car il implique une appropriation et un façonnement des cadres en fonction de l’imaginaire de chaque communauté.

L’existence d’un cadre – aussi bon soit-il – et d’individus qui évoluent en son sein n’explique pas encore pourquoi dans une dynamique s’enclenche ou non. Autrement dit, au sein d’un même cadre, certains groupes parviennent à interagir et à créer des changements qui leur sont bénéfiques, alors que d’autres groupes restent dans l’inertie. Deux phénomènes interviennent pour l’expliquer : les relations entre individus peuvent être mauvaises parce qu’entachées de préjugés, de discriminations ou tout simplement de maladresses (avez-vous déjà essayé de dire « calme-toi ! » à quelqu’un qui est en colère ?) Quant aux dynamiques de groupe, nous avons tous déjà expérimenté le danger que peut représenter l’expression d’une opinion inaudible par un groupe : la sanction est l’exclusion.

Ces deux explications constituent par la même occasion deux leviers d’actions supplémentaires sur lesquels agir pour favoriser le développement. Pour améliorer les relations interpersonnelles, deux des pierres angulaires sont, d’une part, le travail sur la prise de conscience de nos préjugés et les quelques outils pour ne pas en devenir l’esclave et, d’autre part, les techniques qui consistent à gérer le stress de l’autre de manière efficace. Pour ce qui est des dynamiques de groupes, une foule d’outils d’intelligence collective existent. Tous proposent des cadres de fonctionnement ouverts mais rigides pour faire éclore les talents présents.

Nous en sommes donc arrivés à la séquence individu >>> relation >>> dynamique de groupe >>> système. C’est tout ? Non, ce n’est pas tout. Parce que les modèles linéaires rendent difficilement compte des dynamiques humaines, qui ont plutôt tendance à être circulaires voire encore beaucoup plus compliquées. La séquence inverse est indispensable : il est possible et même efficace de travailler sur les cadres, pour stimuler les dynamiques de groupes, elles-mêmes favorisant un meilleur relationnel et un cadre porteur pour révéler les talents des personnes.

Aujourd’hui, nous en sommes là : notre théorie de la transformation implique de travailler en même temps  sur les dynamiques qui s’adressent tant à l’individu qu’au système, en balayant en permanence tout le spectre du particulier au global et du global au particulier. Pour chaque étape, nous collectons ou développons des outils ou méthodes spécifiques.