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Escale 5 : “L’aventure, c’est l’aventure !”

Escale 5 : “L’aventure, c’est l’aventure !”

Nous avons tous une part d’aventurier en nous mais quel est votre propre style ?

Se découvrir en se confrontant à des expériences/témoignages et se remettre en question… Rencontrer l’autre, c’est aussi cela.

Un voyage, ça nous change toujours au moins un peu, une rencontre aussi. J’apprends des choses, je change, je vois ma réalité / leur monde d’une autre façon. Et ainsi je redéfinis mon attitude par rapport à d’autres cultures. Mon sac s’adapte 😉

Et vous, quel aventurier êtes-vous ?

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Découvrez dans les vidéos ci-dessous, des témoignages en provenance du Nord comme du Sud d’acteurs d’ONG, d’associations et de professeurs autour de la question : « Parlez-nous d’une rencontre interculturelle qui vous a amené à changer. »

Des acteurs d’ONG belges témoignent : « Parlez-nous d’une rencontre interculturelle qui vous a amené à changer. » Avec les témoignages de : Stéphane (Médecins du Monde), Carla (Le Monde selon les Femmes), Sandra (Caritas), Mathilde (Quinoa), Josiane (Coopération Technique Belge).

 

Des assistants sociaux actifs dans le dialogue interculturel témoignent : « Parlez-nous d’une rencontre interculturelle qui vous a amené à changer. » Avec les témoignages de : Anne-Marie (FLORA), Sonia (FLORA), Valérie (Jobcoach), Ariane (Mission Locale), Mohamed (CBAI).

 

Des instituteurs d’écoles en région bruxelloise témoignent : « Parlez-nous d’une rencontre interculturelle qui vous a amené à changer. » Avec les témoignages de : Sophia (Institutrice primaire), Greg (Instituteur primaire), Isabelle (Institutrice primaire), Jacques (Instituteur primaire).

 

Des coaches territoriaux du Maroc témoignent : « Parlez-nous d’une rencontre interculturelle qui vous a amené à changer. » Avec les témoignages de : Idriss (Responsable communication), Aman (Coach territorial), Ghislaine (Photographe), Hadida (Coach territorial). Remerciements : Idriss El Fatih Hadef, Président d’Association Passagers, arts & développement, vidéo et photographie.

 

Et vous ? Si vous avez envie, partagez votre vécu sur notre page Facebook. On a tous une histoire à raconter.

À ce stade, les quatre escales précédentes nous ont permis de mettre en lumière les grands phénomènes qui nous amènent à regarder ceux qui ne sont pas comme nous avec des lunettes déformantes et généralisantes. La dernière étape est d’explorer le dialogue à mettre en place pour favoriser le respect de chacun, dans son intégration, mais aussi dans le respect de ses propres racines et de sa propre culture.

L’aventure, c’est l’aventure !

Cette semaine au cours d’une des animations liées à notre campagne Ils sont fous ces gens ?, une personne nous expliquait combien il lui était difficile d’aborder les femmes musulmanes dès lors qu’elles portaient le voile ou, dans le cas présent, le foulard.

Dans la même salle, une musulmane croyante portant le foulard avait montré beaucoup de pondération, de nuance et de raison dans ses propos. L’occasion était idéale pour mettre ces deux personnes en contact et c’est ce qui se fit. La musulmane, très ouverte, visiblement habituée à être interpellée sur la question du voile expliquait en un sourire que : « non, ce n’était pas son homme qui l’avait obligée à mettre le voile. » Que sa famille religieuse et emplie de valeur de tolérance l’avait éduquée dans un Islam de paix et que c’était dans le respect de cet Islam que le port du foulard prenait, pour elle, tout son sens. Qu’elle portait déjà ce foulard avant d’avoir connu son mari. Et qu’elle-même avait des difficultés à dialoguer avec les musulmans radicaux. En face, l’autre personne était simplement bloquée par l’association omniprésente dans son esprit « foulard égal hommes dominants qui forcent le port du foulard. » Début difficile donc pour un dialogue. Puis, le dérapage : « je n’ai pas de problème pour rencontrer les êtres humains, mais vous vous affichez comme musulmane. On ne peut pas afficher sa religiosité ! » En lecture inversée, ce que cette dame musulmane a ressenti et entendu était : « vous, musulmans, n’êtes pas des êtres humains ! ». Et pourtant patiente, même si elle était choquée, la musulmane a continué le débat qui se termina en laissant chacun sur sa faim et ses positions.

Écouter sans juger

Cet exemple illustre plusieurs mécanismes psychologiques clés dont celui de la dissonance cognitive qui explique que, plutôt que revoir sa façon de penser, on réinterprète les événements d’une autre manière afin de ne pas changer d’avis (David Vaidis et Séverine Halimi-Falkowicz. La théorie de la dissonance cognitive.). En l’occurrence, à la fin de cette conversation, la personne blanche nous expliquait qu’elle n’avait pas changé d’avis et restait convaincue que si la musulmane portait le voile c’était à cause des hommes. Elle n’avait tenu aucun compte des propos de la dame musulmane qui disait exactement l’inverse et qui était, aux dires des observateurs de cette conversation, l’expression réelle de ce qu’elle pensait.

L’intégration, porte ouverte aux identités métisses

Lorsque la personne blanche parlait d’intégration dans cette conversation, elle était plus proche de la notion d’assimilation que de celle d’intégration. Ce qu’elle évoquait était une forme d’injonction : « Devenez comme nous, adoptez nos us et coutumes, notre langue, nos valeurs, notre apparence, tout quoi… » alors que le concept d’intégration résonne plus comme : « vous pouvez rester qui vous êtes pour autant que vous adhériez à notre mode de fonctionnement, aux valeurs qui assurent un bon vivre ensemble… ».

Dans le premier cas, la personne devrait renoncer à ces racines, à l’une de ses cultures. Ce qui peut générer de la frustration, de la colère et, in fine, le rejet de l’identité du groupe auquel appartient celui qui tend à vous imposer ce choix. Dans l’autre, apparaît une place importante pour se créer une identité métisse, fruit de la rencontre de deux cultures.

Outils et exemples du dialogue interculturel

Il existe plusieurs méthodes afin d’assurer le dialogue interculturel, mais la plus simple et la plus efficace est sans doute de s’intéresser à l’autre et de l’écouter sans le juger. Aussi simple à écrire que difficile à faire lorsque le préjugé est fortement ancré comme l’illustre notre exemple ci-dessous.

Topoi, la liberté de se présenter

Nous vous invitons à découvrir un outil de dialogue interculturel développé par un Hollandais. Topoi – c’est le nom de l’outil – est une méthode d’interaction qui laisse l’autre se présenter comme il le veut. Cette méthode reste loin des approches culturelles classiques qui définissent des cases du type : « les Suisses sont plus rigoureux que les Italiens, accordent plus d’importance à la propreté, etc. » Avec cette méthode, l’individu se présente à travers un mélange de caractéristiques personnelles, de situation sociale, de statut économique, etc.

Pour changer l’autre, changer soi

Dans un article sur l’appropriation, Patrick Collignon expliquait les qualités à développer pour aborder l’autre en respectant sa différence : nuance, relativité, réflexion, curiosité, opinion personnelle étaient et sont toujours au menu… Il met l’accent sur le triangle magique : pensée, comportement et émotion en pointant le fait que pour changer une relation, inutile d’attendre que l’autre change, il suffit bien souvent de changer soi-même, ce qui est quand même plus simple !

Cumuler les avantages culturels

Dans un article sur l’intégration des atouts des deux cultures auxquelles elle appartient, Mama Magy explique les bienfaits qui peuvent résulter de ces mélanges culturels. « Ajoutez un système d’enseignement bien structuré à la capacité congolaise de transformer les choses en très peu de temps, et vous obtiendrez une société avec des perspectives d’avenir. », écrit-elle.

À la recherche du métissage

Yasmina El Alaoui, franco-marocaine, nous raconte sa quête identitaire au Burkina Fasso. Française, elle bénéficiait de la puissance d’une culture encore rayonnante. Africaine, elle était perturbée par les stéréotypes négatifs qui décrivaient l’Afrique. Retrouvez ce parcours initiatique de reconstruction d’une identité métisse.

 

Nous vous invitons à participer à l’activité suivante:

Projection de Je suis d’ici et d’ailleurs suivi d’un débat sur Les enjeux du métissage, en collaboration avec l’IHECS

Quand: Le mardi 1 décembre de 19h00 à 21h00
Où : IHECS –  Rue de l’Étuve, 58-60 – 1000 Bruxelles (au VELGE, bâtiment de l’étuve, 2ème étage)

Le cercle documentaire (DOC!) de l’IHECS et l’ONG Echos Communication vous proposent une soirée projection/débat sur les enjeux du métissage le mardi 1 décembre de 19h à 21h à l’Ihecs ! (au VELGE, bâtiment de l’étuve, 2ème étage).

Je suis d’ici et d’ailleurs, une histoire à plusieurs voix entre Bruxelles et Oujda est un film documentaire initié par l’ONG Echos Communication. La réalisation du documentaire se partage entre le Maroc et la Belgique. Nous suivrons 18 personnes à travers leur parcours migratoire. Au cours de 6 jours d’atelier d’expression, les participants chercheront à trouver les mots pour raconter leur histoire…

Après la projection, nous vous proposons un débat sur les enjeux du métissage : comment dépasser le repli sur soi ou le renoncement à soi pour se créer une identité métisse qui combine l’apport de deux mondes ? Comment dépasser le choc culturel ?

Le débat se fera en présence de

Pierre Biélande : Coordinateur chez Echos Communication des projets EVE et TaPAJE. Il a été journaliste, rédacteur en chef et créateur de revue. Il se forme depuis plusieurs années à la psychologie cognitive, à l’approche neurocomportementale, à la psychologie sociale et au coaching. Il s’est spécialisé dans l’évolution des comportements et des organisations (bio-systémiques). Modérateur de débat, conférencier et formateur, il travaille depuis cinq ans sur la déconstruction des préjugés dans les écoles, les Hautes écoles ou les Universités.

Mustapha Chairi : un des acteurs présent dans le documentaire, Mustapha Chairi est né au Maroc. Marié et père de 6 enfants il est aujourd’hui militant politique dans le parti Ecolo depuis 2010. Il viendra partager son expérience et animer le débat de par ses expériences.

Rachida el Idrissi : née à Casablanca, elle est arrivée en Belgique dans les années 1970. Elle est assistante sociale depuis plus de 35 ans et travaille en tant que chargée de projets pour le groupe Seniors Sans Frontières à l’asbl AOPSG.

Des sandwichs et boissons seront disponibles à prix modique.

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