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LA communication non-violente

La girafe est le symbole de la communication non-violente. Elle est le plus grand animal terrestre avec le plus grand cœur, symbole de l’empathie. De plus, elle n’a pas d’ennemis naturels et regarde tout à distance.

« Pousser un coup de gueule » fait du bien! Bien sûr, mais pendant combien de temps ? Est-ce que nous en profitons vraiment à long terme ? S’exprimer sans retenue est facilement considéré comme sincère. Le modèle de communication non-violente offre une solution plus durable.

Dans sa jeunesse, le créateur de la communication non-violente, l’Américain Marshall Rosenberg (né en 1934), ne se laissait certainement pas faire. Le « Cow-Boy » s’est disputé plus d’une fois. Pourtant, il s’est demandé très tôt, en tant que juif d’abord, en tant que psychologue plus tard, pourquoi les gens utilisaient la violence. Le modèle de communication non-violente était né. Erwin Tielemans, étudiant de Rosenberg, est formateur et consultant en Belgique et à l’étranger. Il explique à partir de quelles nécessités la communication non-violente s’est développée : « La pensée et le langage normatifs de notre enfance nous poursuivent. Chaque action est classée comme bonne ou mauvaise. On peut réagir parfois brutalement à des actions qualifiées de mauvaises, mais notre style de communication n’est pas aussi adéquat que nous aimons le croire. Il crée blessures et fractures. Ainsi, on peut estimer que l’emploi de la force est plus efficace lorsque l’une ou l’autre chose ne nous semble pas correctement faite, mais, in fine, cela ne sert pas nos besoins réels. Demandons-nous plutôt ce que nous voulons réaliser à long terme avec l’autre. Voulons-nous vraiment dire quelque chose qui laisse des traces à jamais ? »

Empathie

Photo OUTIL-Erwin Tielemans5La communication non-violente ou empathique, comme Erwin Tielemans préfère l’appeler, centre la communication sur les émotions et non sur le jugement. Juger éloigne les gens de leurs besoins. « Cela peut sembler mielleux », s’excuse Erwin Tielemans, « mais qui communique sans violence, trouve un bonheur plus profond car il se connecte avec lui-même et avec l’autre. Cela s’appelle l’empathie. » Le journaliste burundais, Jean-Berchmans Nahimana, devenu expert et formateur en communication non-violente, la décrit comme un outil particulièrement puissant. « L’empathie signifie que vous reformulez ce qui a été dit et vérifiez si vous avez bien compris les autres. L’autre est entendu sur le fond et découvre avec vous ses vrais sentiments et besoins. Le processus empathique, la qualité d’écoute sont beaucoup plus importants que la solution. L’autre se rapproche car vous avez utilisé les moyens appropriés à travers une meilleure compréhension de vous-même. »

La force thérapeutique

Jean-Berchmans Nahimana a été témoin du génocide rwandais et accompagne aujourd’hui ses compatriotes dans leur processus de traitement. « La communication non-violente recherche la satisfaction des besoins réels », dit-il. « Une justice fondée sur la pénitence, ne soigne pas vraiment les blessures de la violence. Il reste des lacunes. Les femmes violées sont profondément blessées dans leur dignité et leur intégrité. Elles ont besoin de restaurer cette dignité. Beaucoup d’entre elles veulent rencontrer leur tyran afin de trouver la paix d’une autre façon. C’est seulement après avoir identifié leurs besoins réels qu’on peut envisager une réconciliation qui casse la spirale insensée de la culpabilité et évite que l’injustice ne se répète. »

Conciliation des cultures

deutschland_rosenberg_02La communication non-violente est parfaitement adaptable dans un contexte thérapeutique ainsi que dans la vie quotidienne. Elle apporte clarification, allègement et paix. La communication non-violente est également particulièrement efficace dans les échanges interculturels. Erwin Tielemans l’explique par l’exemple : « Les différences culturelles sont complexes, mais qui apprend à communiquer de manière empathique, comprend la sphère d’action des autres. Lors d’une mission au Liban, le manque de ponctualité des gens me dé- rangeait. C’était pour moi un manque de respect. Grâce à la communication non-violente, j’ai pu exprimer clairement mes attentes, mais aussi comprendre qu’au Liban, le temps est subjectif en raison du risque élevé d’être arrêté par une barri cade sur la route. Cela nous a permis de parvenir à une compréhension mutuelle. »

Observer comme une caméra

J-B. Nahimana voit dans la communication non-violente une plus-value pour le dialogue Nord-Sud. «Beaucoup d’échecs dans le travail de développement peuvent être attribués à un manque d’empathie. Nous devons donner des oreilles au Nord et une voix au Sud, de sorte qu’une véritable rencontre puisse avoir lieu. La communication non-violente éveille la conscience, aide les gens à chercher une solution et ainsi à garder leur fierté. Ce n’est que lorsque quelqu’un dit qu’il a besoin de votre solidarité que le développement peut être durable. Dans la communication non-violente, il n’y a pas d’attente, une finalité n’est pas recherchée. C’est dans l’échange que le projet prendra forme. C’est à ce moment-là que les gens font des choses étonnantes. Qui n’a aucune attente ne peut pas être blessé ou déçu. Le « non » des gens peut être un « oui » à autre chose. Arrêtons d’interpréter et apprenons à fonctionner comme une caméra. L’observation est la plus haute forme d’intelligence.»

Sans arme

La communication non-violente peut également faire ses preuves dans les contacts avec une personne complètement étrangère au concept, voire un vis-à-vis violent. Erwin Tielemans illustre le propos par son expérience: «À Rome, j’ai été témoin d’un conflit de rue violent. Alors qu’un homme allait agresser un autre physiquement, j’ai mis ma main sur son bras et lui ai dit qu’il devait avoir été victime d’une injustice énorme pour qu’il soit tellement en colère. L’homme a repris ses esprits. L’énergie dé- gagée par l’empathie est très forte. » Un menteur ou un manipulateur a également peu de chances de succès dans une conversation non-violente car il est contraint à l’authenticité. Celle du communicateur non-violent déstabilise le comportement manipulateur, expose et désarme le mensonge. La communication non-violente consiste à demander à l’autre d’être honnête. En toute simplicité !

Le modèle

Qui veut communiquer de manière non-violente doit d’abord apprendre la grammaire d’une langue qui fonctionne par connexion entre ses sentiments et attentes propres et ceux de l’autre. L’apprentissage de la communication non-violente est un processus en quatre étapes ; il devient naturel après une pratique intense.

1. Observation

Vous observez exactement ce qui se passe. Cela permet d’éviter toute interprétation ou jugement. Les faits sont nus, il n’y a pas de sens « caché ».

2. Identification des sentiments

Vous recherchez quels sentiments soustendent ce comportement. Dans un entretien, vous reformulez et vérifiez votre compréhension de la situation.

3. Clarification des besoins

Vous recherchez quelles attentes violées ou non-satisfaites sont à l’origine de ces sentiments.

4. Demande

Vous partagez vos propres sentiments et besoins avec l’autre et vous voyez s’il vous comprend. Ensuite, vous lui demandez s’il est prêt à prendre vos désirs en compte. Les gens sont généralement disposés à faire plaisir.

Les forces

La communication non-violente…

… n’est pas un reproche. Elle permet de sortir d’une situation de tension en faisant appel à ses propres besoins. Cela évite les confrontations blessantes.

… a un impact positif sur la relation dans son ensemble, au-delà du moment de communication.

… est une méthode « prêt- à-l’emploi » accessible à tous, indépendamment du niveau intellectuel.

… peut s’appliquer unilatéralement, même si votre partenaire n’a aucune notion de ce concept.

… est une pratique universelle, qui « marche » dans toutes les cultures. L’empathie, l’écoute impartiale, la reformulation et la vérification fonctionnent partout.

… est une méthode passe-partout, adaptée à toutes les situations : l’éducation, le couple, le travail, …

… est particulièrement forte tant au quotidien que dans les rencontres thérapeutiques et interculturelles.

 … ne dépend pas de la personnalité ou d’un apprentissage parfait. L’essentiel est dans l’ouverture à une communication différente.

Les limites

Après une formation de trois jours, vous êtes déjà apte à appréhender beaucoup de choses différemment, mais la rapidité à laquelle vous pourrez appliquer la communication non-violente varie naturellement d’une personne à l’autre. Initialement, cela peut sembler un peu artificiel.

Témoignage

Maria Beerten

Employée à l’école De Pont CGG (Malines) comme médiatrice

« Je travaille avec des jeunes qui dépassent largement les limites. Ils sont coincés dans une spirale négative. En les écoutant sans préjugés, avec empathie, en silence, j’essaie d’entrer en contact avec eux et de cerner leurs besoins. C’est particulièrement difficile car nous avons l’habitude de juger les comportements. Mais lorsque la peur de la punition n’entre plus en ligne de compte, ils sont beaucoup plus honnêtes. Pour les échanges entre élèves et enseignants, je demande toujours une plus grande ouverture aux parties. Lorsqu’ils sont attentifs les uns aux autres, le rapprochement est possible. »

En savoir plus

Livres

Thomas d’Asembourg, Cessez d’être gentil soyez vrai ! Etre avec les autres en restant soi-même, Editions de l’Homme, 2008

Marshall B. Rosenberg, Dénouer les conflits par la Communication Non Violente, Editions Jouvence, 2006

Web

www.cnvc.org

www.cnvbelgique.be

www.humanmatters.be (cabinet de Erwin Tielemans)

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