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En lumière. Se construire une identité métisse
En lumière.

Se construire une identité métisse

En préparation à une intervention dans le cadre du cours de Madame Pascalle Jamoulle dont les thèmes de recherche principaux sont l’anthropologie de la précarité et de l’exil, e me retrouve à découvrir un livre passionnant qu’elle a écrit « Par-delà les silences. Non-dits et ruptures dans les parcours d’immigration ». Ce livre est issu d’une enquête de terrain de deux ans en Seine-Saint-Denis, il donne la parole à des migrants en leur permettant de sortir du silence pour relater le « travail de l’exil».

 

En parcourant ce livre, je fais sans cesse des ponts avec ce qui a été partagé lors des ateliers récits migratoires que nous avons organisés en Belgique et au Maroc. Je suis très touchée quand elle aborde les enjeux du métissage et la difficulté de se construire une identité métisse. Entre les dangers de l’assimilation et du repli sur soi, je vous partage quelques extraits qui m’ont marqués :

 

« Comment se métisser, appartenir à sa société d’installation, sans trahir son groupe resté là-bas ? (…) Dans le récit d’Andres, le processus de métissage identitaire semble figé. La loyauté d’Andres va toute entière à sa communauté menacée. Il a peur de se perdre, de voir son appartenance culturelle se dissoudre au contact de la culture du pays d’accueil. Il reproche à ses enfants leurs tissages identitaires. Il a peur de voir les siens s’assimiler.»(p.41)

« Jusqu’à son arrivée en France, Ania ne voit aucune issue à sa condition de femme battue. Elle a immigré pour aider son fils (….) En tant que femme, s’interroge-t’elle, comment ne pas vouloir devenir française ? C’est la France qui m’a sauvée (…) Elle ne métisse pas ses appartenances, elle rejette en bloc ce qu’elle a vécu en Algérie (…) Elle choisit la voie de l’assimilation à tout prix. « Dans l’assimilation, nous essayons de ressembler à l’autre, de l’imiter, d’adopter ses coutumes, de nous débarrasser des nôtres » observe Jean-Claude Métraux, alors que le métissage implique la reconnaissance de l’apport des deux mondes.» (p.46)

WIVINE HYNDERICK