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Appartenir à plusieurs cases
Echos news

Appartenir à plusieurs cases

L’échevine en charge de l’Egalité des chances, de la participation Citoyenne et de la Solidarité entre les Peuples de la commune d’Evere, Madame Fatiha Saidi, m’a accueillie mardi 15 septembre dans le cadre d’une réunion qui se tenait avec le Conseil Consultatif de la Solidarité. Cette rencontre a été une opportunité de projeter le film « Je suis d’ici et d’ailleurs. Une histoire à plusieurs voix entre Bruxelles et Oujda », d’expliquer le chemin parcouru qui a amené à la réalisation de cet outil,  d’écouter les retours et les questionnements que le film suscitait ainsi que de partager les projets collaboratifs que nous souhaiterions mener ensemble pour renforcer le vivre-ensemble dans la commune à travers notamment la mobilisation des jeunes.

Quelque chose qui me reste en tête de cette rencontre? C’est un moment. Une personne présente qui dit : « Vous pouvez avoir la carte d’identité belge, aux yeux des gens vous serez toujours étranger ». À cela quelqu’un d’autre de rajouter : « C’est comme si les gens avaient des difficultés à considérer des identités multiples ; on ne peut pas appartenir à plusieurs cases à la fois ».

Ceci me rappelle qu’Amin Maalouf aborde cette même réflexion dans son livre « Les identités meurtrières » alors qu’on lui demande régulièrement si au fin de fond de lui, il  est plus libanais ou français ?

« Lorsqu’on me demande ce que je suis “au fin fond de moi-même”, cela suppose qu’il y a, “au fin fond” de chacun, une seule appartenance qui compte, sa “vérité profonde” en quelque sorte, son “essence”, déterminée une fois pour toutes à la naissance et qui ne changera plus ; comme si le reste, tout le reste – sa trajectoire d’homme libre, ses convictions acquises, ses préférences, sa sensibilité propre, ses affinités, sa vie, en somme –, ne comptait pour rien. »  

 WIVINE HYNDERICK