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en lumière – Les 7 péchés capitaux des acteurs humanitaires
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Les 7 péchés capitaux des acteurs humanitaires

Ceux qui nous suivent régulièrement commencent à connaître la chanson : pas de projet de coopération au développement sans une attention centrale accordée au « facteur humain ». Ce terme – relativement inapproprié (il semble déshumanisé, précisément !) – désigne une réalité simple : les projets de coopération sont souvent pensés de manière technique et omettent les aspects plus intuitifs qui concernent les rapports avec les populations locales.

C’est aussi ce que dénonce le site EndHumanitarianDouchery . Il caricature les erreurs principales commises sur le terrain par des acteurs humanitaires trop peu formés en les ramenant à « 7 péchés capitaux ». Si la formule se veut plus accrocheuse (voire grotesque) que nuancée, elle a le mérite de mettre en lumière les faux pas que nous commettons sans doute tous de bonne foi et de nous faire réfléchir sur nos automatismes. Ces « 7 péchés capitaux » à la « sauce humanitaire » donnent ainsi :

La paresse : Celle des humanitaires qui ne prennent pas le temps de se renseigner sur les réalités du terrain et qui s’associent ainsi aux mauvaises organisations locales (voir à ce sujet notre article « Coopération : attention au choix des partenaires »)

L’orgueil : Celui des humanitaires qui ne reconnaissent pas toujours leur manque de connaissances dans certains domaines et qui ne cèdent dès lors pas la main aux personnes compétentes.

La gourmandise : Celle des humanitaires qui considèrent leur voyage comme une expédition touristique et qui consomment comme s’ils étaient en vacances.

L’avarice : Celle des humanitaires qui cherchent avant tout à imposer leurs solutions, sans tenir compte des valeurs des communautés locales.

L’envie : Celle des humanitaires qui entreprennent des voyages pour des raisons égoïstes, comme le fait de donner une bonne image d’eux-mêmes et de rendre les autres jaloux.

La luxure : Celle des humanitaires qui se mettent à nu sur les réseaux sociaux pour récolter un maximum de « like », quitte à publier des photos stéréotypées des populations locales.

La colère : Celle des humanitaires de retour au pays et qui invectivent ceux qui « ne font rien ».

Cette caricature – qui est loin de refléter les actions et modes de pensée de tous les humanitaires ! – sert surtout d’alibi pour une proposition de solutions, pour une autre vision de la coopération. C’est sans doute là que réside tout l’intérêt du site.

Il plaide ainsi pour le « Fair Trade Learning » qui vise à mettre la réciprocité au cœur des relations entre acteurs humanitaires et populations locales. Il établit un programme en 8 points :

  1. Les programmes doivent déterminer des buts communs, définis en intelligence collective avec tous les partis impliqués.
  2. Les populations locales doivent être associées à toutes les étapes de l’élaboration des projets (c’est ce qu’il appelle des «community driven initiatives »)
  3. Engagement institutionnel et durabilité des partenariats – et échanges multidirectionnels d’étudiants.
  4. Transparence, en particulier concernant les relations et transactions économiques.
  5. Développement durable et réduction de l’empreinte écologique.
  6. Économie durable : implication de la communauté bénéficiaire dans les opérations de récolte de fonds et investissement dans les universités en valorisant les relations à long terme.
  7. Diversité volontaire, contacts interculturels et réflexions pour encourager systématiquement les apprentissages interculturels impliquant tous les partenaires.
  8. Construction d’une communauté globale : toujours garder à l’esprit l’idée d’améliorer les relations humaines à travers le monde.

Voir le site EndHumanitarianDouchery

 

CÉLINE PRÉAUX