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en lumière – L’Afrique pauvre, une “affaire” qui marche?
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L’Afrique pauvre, une “affaire” qui marche ?

Délocalisations, grèves, faits divers dramatiques, guerres… les médias d’informations nous bombardent de nouvelles négatives. Début décembre, Harris Interactives – Zoom On a mené une enquête d’opinion auprès des Français, qui déclarent à 64% regretter que les médias laissent si peu de place aux informations positives. Mais si une majorité déplore cette état de fait, une contradiction s’impose : les émissions à sensation continuent de dominer l’audimat. Il est en effet très difficile de créer le buzz avec des nouvelles positives. Elizabeth Laville, fondatrice de l’agence d’information Graines de changement, explique cette difficulté : « On est fondamentalement pessimiste, cynique. Le journaliste qui fait état d’une initiative positive est le candide qui n’a pas compris qu’il était manipulé par les entreprises. »  Il y aurait donc une opposition entre crédibilité et volonté d’évoquer des nouvelles positives. Naïf serait celui qui serait tenté de rendre compte de « l’autre dimension du réel : initiatives, victoires sur la fatalité, engagements têtus, progrès trop ignorés, démarches de paix, réconciliations durables, prouesses de toute sorte. » Et pourtant, toutes ces informations contribuent à refléter une image plus exacte des sociétés qui nous entourent. Il semblerait que la naïveté serait dès lors précisément ce que nous pensons qu’elle n’est pas : se laisser aller à son penchant pour le pessimisme, qui conditionne une sélection partielle et partiale de l’information. Chez Echos communication, nous nous attachons à changer l’image que l’Occident a de l’Afrique et de la coopération au développement. Ou, plutôt, nous veillons à la compléter, en nous focalisant aussi sur les choses qui marchent et sur les initiatives du Sud qui nourrissent le Nord et font de la coopération une relation win-win réciproque (voir notamment notre rubrique « Savoirs du Sud »). Naïfs ? Réalistes, disons-nous. Nous ne créerons peut-être pas le buzz, nous ne satisferons pas le besoin de sensationnalisme (besoin humain, il est vrai), nous n’éveillerons pas le sentiment de pitié qui semble être la motivation première d’une action de donation (voir l’article « Les ONG font-elles détester la générosité ? »). Pour nous, soutenir les pays d’Afrique à travers un projet de coopération, ce n’est pas faire une bonne action qui apaise les consciences. C’est être fier de participer à un projet positif, porteur d’avenir.   Lire l’article « L’information positive est-elle un fantasme inaccessible ou une voie éditoriale possible ? »

 

CÉLINE PRÉAUX