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en lumière – Pourquoi les livres sur l’Afrique ont-ils tous la même couverture ?
en lumière

Pourquoi les livres sur l’Afrique ont-ils tous la même couverture ?

Afrique émergente Afrique Acacia

Si vous deviez acheter un livre sur l’Afrique, lequel de ceux-ci choisiriez-vous ? Il y a fort à parier que vous opteriez pour le second. C’est en tout cas l’hypothèse qu’émet un journaliste du blog Africa Is a Country, qui s’attache à déconstruire les préjugés occidentaux au sujet des pays d’Afrique.

Le postulat de départ est le suivant : plus une couverture de livre tape dans le cliché, plus il est vendable. Le journaliste s’est en effet livré à un recensement d’une série d’ouvrages sur le sujet, pour déboucher sur un résultat frappant. Toutes les couvertures, que les bouquins traitent du Congo, du Nigeria, du Zimbabwe, de l’Afrique du Sud, du Botswana, de la Zambie ou du Mozambique, sont présentées avec la même image : une sorte d’apologie de l’Afrique du roi lion sur fond d’acacia surplombant un paysage orangé de couché de soleil.

Simon Stevens

Africa is a Country. Simon Stevens

Si les explications de cette uniformité effaçant les différences entre les pays et faisant passer l’Afrique pour un continent monochrome sont diverses (lire l’article ici), il semblerait que cet amalgame tiendrait principalement à notre volonté d’envisager ces contrées plus pour leur caractère exotique et divertissant que pour les complexités qui en font une source d’enrichissement véritable pour qui s’en donne les moyens (en termes de curiosité et d’efforts de compréhension de l’altérité). C’est aussi cette distorsion de la représentation de l’Afrique qui fait de la cause de nombreuses ONG – dont Echos communication – un véritable challenge : changer l’image de cette partie du monde pour non plus en faire une destination de prédilection pour des safaris ou pour des séjours humanitaires destinés à « aider ces pauvres gens » (voir notre article « Les ONG font-elles détester la générosité ? »).
Ironiquement, le défi peut paraître simple pourtant, puisqu’il s’agit en réalité de montrer les différents pays d’Afrique pour ce qu’ils sont vraiment : des acteurs à part entière des relations internationales qui regorgent d’idées novatrices et qui ont chacun, dans tout ce qu’ils ont de singulier, au moins autant à nous offrir qu’à recevoir. C’est l’essence même de la réciprocité, moteur au quotidien des actions d’Echos communication. Mais nous savons aussi qu’il est extrêmement complexe de déconstruire les préjugés car ils présentent un certain nombre d’avantages en nous permettant notamment de faciliter notre compréhension d’un environnement qu’il serait trop complexe de saisir sans simplification (voir la série « Déconstruire les préjugés » dans n’GO Magazine). Voilà un beau challenge pour Echos communication !

CÉLINE PRÉAUX

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